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Le javelot est aujourd'hui à la fois un jeu traditionnel spécifique qui a trouvé son développement dans le Nord de la France, et une discipline sportive reconnue : le Javelot Tir Sur Cible (TSC).
HERITIER DE DEUX ARMES, LA LANCE ET LA FLECHE :
Son homonymie avec le javelot de l'athlétisme moderne trouve son explication dans les origines antiques communes à ces deux disciplines : la lance encore appelée sagaie, javeline, hast, pilum ou javelot …
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La lance et la flèche :
Le javelot tir sur cible n'en a pourtant gardé que la pointe, remplaçant la hampe par un empennage, accessoire emprunté à la flèche, autre arme antique, dont le volume a été amplifié pour assurer un bon équilibre dans l'air. Cette combinaison originale est donc à l’origine de notre javelot (TSC) actuel qui a gardé ce nom en raison de son lancer manuel. C'est à partir du XIIème siècle, en ces temps de guerres avides d'armes nouvelles, que nous en trouvons trace en Champagne.
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Empennage de flèche Trait « d’arbalète à cric »
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Ce n'est pas encore la représentation exacte de notre javelot (page suivante), mais la théorie balistique apparaît : la hampe en bois a disparu, le fer effilé d'une longueur de 30 à 40 cm est équilibré dans le lancer par la fixation de plumes.
Un décret de Charles V le Sage (1338-1380) roi de France de 1364 à sa mort (période de la guerre de Cent Ans), dans le but d'entretenir l'esprit de guerre du peuple, interdit "par esprit de sécurité et de défense, tous jeux de balles, ballon, dés et tous leurs dérivés sous menaces de lourdes peines". Il va ainsi promouvoir les jeux à caractère militaire, et permettre l'essor du javelot devenu principalement un jeu qui sera pratiqué au cours des nombreuses et longues trêves de cette longue guerre. Sa popularité ira en grandissant, mais il demeure essentiellement localisé dans la région de Champagne.
Au cours des XVème et XVIème siècles, le jeu va se déplacer en Flandres. Les Flamands conquis par l'habileté des occupants espagnols au lancer du couteau transpyrénéen, ont certainement voulu adopter un jeu d'habileté à leur goût et à leur portée.
Au XVIIIème siècle, la révolution supprime et interdit tous jeux d'inspiration guerrière. Les confréries d'arcs et d'arbalètes sont dissoutes. Malgré ce décret, le javelot qui est devenu un jeu du Nord demeure là encore autorisé.
LE JAVELOT (TSC) AU XXème SIECLE
DES ESTAMINETS AUX JAVELODROMES
Le javelot devient alors un moyen d'émulation, d'échange, de rencontres et, par-là même un spectacle qui eut ses heures de gloire à la fin du XIXème - début du XXème siècle dans le Nord de la France. A cette "Belle Epoque", c'est dans les arrières salles ou dans les cours des estaminets, principaux lieux de rencontre de l'époque, que les mineurs et ouvriers pratiquent le javelot dans une grande convivialité.
Après la seconde guerre mondiale, des associations se créent, puis des regroupements commencent à se former : Entente Minière dans le Bruaysis, Union Sportive du Javelot dans l'Arrageois …
Dans les années 1970, le javelot sort progressivement des arrières cours de cafés pour conquérir un plus large public, et en particulier celui des jeunes et des femmes. Des salles communales ("javelodromes") sont alors mises à la disposition des associations par les municipalités, permettant en outre de jouer en toute saison. Ce jeu traditionnel envisage dès cette époque de devenir un sport à part entière.
Il lui faudra pourtant attendre 1983, après avoir réalisé la
plus large union possible des clubs du Nord, du Pas de
Calais et de la Somme, pour voir naître la Fédération
Française de Javelot Tir Sur Cible (FFJTSC) et la Ligue
Nord Pas de Calais de Javelot T.S.C.
L'agrément ministériel de la fédération est obtenu le
16 janvier 1984. Le javelot entre dès lors dans les salles
de sport pour ses compétitions officielles.
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AVIS AUX CANDIDATS ARBITRES
Sa reconnaissance en qualité de SPORT ne permet plus au Javelot Tir Sur Cible de se satisfaire de marqueurs traditionnels. Il lui faut des arbitres officiels compétents, parfaitement imprégnés de nos règlements fédéraux, et sachant les faire appliquer avec rigueur.
Ces règlements, vos droits et vos devoirs, ceux des participants (joueurs et arracheurs), et ceux des responsables fédéraux constituent l’essentiel de cet ouvrage qu’il vous faut connaître et appliquer.
VARIANTES FESTIVES DU JAVELOT TIR SUR CIBLE
Des variantes du jeu de javelot qui pour certaines peuvent être plus anciennes que le javelot TSC actuel dont la cible est composée de deux cercles (fers) concentriques (3 en Belgique), font toujours leur apparition pour l'animation de diverses fêtes locales (ducasse, kermesses, 14 juillet, etc.). Elles se différencient essentiellement par la forme de la cible. Ce sont : le Tir à l'Oiseau, le Tir au But, le Cadran.
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Le Tir à l'Oiseau :
Cette variante est vraisemblablement la forme la plus ancienne du jeu. Appelé au
XIXème siècle "à la papegaie", ce jeu se jouait encore en Champagne au début du
XXème siècle. Le Tir à l'Oiseau ne concerne l'oiseau que de nom. "L’oiseau" est un
morceau de bois enfoncé dans un crochet de fer lui-même fixé dans une cible de
conception classique.
Cinq "oiseaux" sont ainsi fixés dans la cible et il faut les abattre avec des javelots d'1 kg et plus (2 à 3 fois plus gros que ceux du tir sur cible). Une mise permet de lancer 6 javelots ; ces mises sont illimitées. En fin de concours l'enjeu est partagé entre les participants en fonction du nombre "d'oiseaux" abattus. Il se joue actuellement au club de javelot de Montigny en Gohelle et 3 clubs environnants en partenariat avec l’USEP.
Le Tir au But :
Cette variante peut être comparée au principe du jeu de boules. En effet, le "But" n'est autre qu'une pointe métallique fichée au centre d'une cible traditionnelle, laissant ressortir du bloc de bois un cône en métal d'environ 20 mm à la base et 25 mm de longueur. Le jeu consiste pour les joueurs (2 à 6) à lancer tour à tour un javelot. Le plus éloigné du but doit alors jouer son 2ème javelot et ainsi de suite jusqu'à épuisement des javelots. Il peut se jouer individuellement ou en équipe. On peut faire tomber les javelots de l'adversaire. Seuls les javelots restant plantés en cible sont pris en compte. Les javelots d'un joueur ou d'une même équipe les plus proches du "But" que le meilleur javelot adverse sont totalisés et valent chacun un point. Si ce jeu est passionnant et récréatif, il est cependant conseillé de faire provision de vieux plumets pour y participer, car cela peut tourner au massacre de nos "chers" accessoires.
Le Cadran :
Cette autre variante permet de jouer collectivement entre joueurs acharnés et
non-initiés. La cible se compose de 2 cercles concentriques de 4 et 40 cm. L'espace
entre les 2 cercles est partagé en 8 ou 9 parties égales. Chacune de ces parties a une
valeur différente selon sa position, et comprise entre 1 et 8 ou 9 points. Le cercle central
vaut 10 points.
Une diversité du cadran est le jeu à la couleur qui à la différence du descriptif ci-dessus
laisse les participants dans l'ignorance de leurs scores. Des couleurs sont attribuées aux
quartiers du cadran. Elles sont tirées au sort à la fin des jeux pour l'attribution des points
de 1 à 8. Seul le cercle central garde d'office ses 10 points.
Dans cette version, le suspense apporte un plaisir supplémentaire et celui qui a réalisé plusieurs fois la même couleur espère que le tirage au sort lui attribuera le meilleur score.





